Siemens Healthineers Summit

Siemens Healthineers Summit

Rétrospective du 10 mai 2022

Le réseautage est génial, le réseautage personnel encore plus grandiose : il a enfin été de nouveau possible d’organiser en présentiel la Conférence annuelle des cadres du système de santé suisse. Parmi les plus de 80 participants au Siemens Healthineers Summit figuraient, outre des intervenantes et intervenants de renom, des spécialistes et des cadres de toutes les régions de Suisse. 

Après une introduction par Marcel Baumgartner, Managing Director (CEO) de Siemens Healthcare SA, six intervenantes et intervenants ont partagé leurs expériences et leurs points de vue sur l’avenir du système de santé. 

Nous avons résumé brièvement les différents articles pour vous :

Prof. Dr. oec. Alfred Anderer - Siemens Healthineers Summit

Intervenant : Prof. Dr. oec. ZHAW School of Management and Law, direction Management du système de santé

Le Prof. Dr. Angerer est professeur à l’Institut für Gesundheitsökonomie de Winterthour et s’occupe depuis de nombreuses années de projets de transformation dans le domaine de la santé. Son appel au public : Le point de départ de tout projet doit toujours être la question du « pourquoi ». Pourquoi voulons-nous cela, à quoi cela sert-il concrètement ? Une stratégie mûrement réfléchie devrait donc bien entendu constituer la base de tout projet de changement, mais dans la pratique, seule une minorité d’hôpitaux dispose selon lui d’une stratégie de numérisation et considère le sujet comme une priorité absolue pour le chef. 

En ce qui concerne la maturité numérique du système de santé suisse, le Prof. Angerer estime qu’il y a encore beaucoup de marge de progression. L’exemple du DEP montre clairement comment l’esprit cantonal empêche les solutions globales. Deux facteurs sont décisifs dans les projets de transformation : la volonté de changement et la pression sur le système. Le Prof. Angerer voit par exemple des évolutions encourageantes dans la télémédecine, où la pandémie a joué le rôle de moteur d’innovation. 

Dans son discours, le Prof. Angerer a également expliqué comment l’intelligence artificielle peut par exemple considérablement augmenter les chances de survie des victimes d'arrêt cardiaque : à Copenhague, le centre d’appels d’urgence est soutenu par l’assistant numérique Corti. Corti analyse les informations tirées de la communication avec l’appelant, mais aussi les bruits de fond tels que la respiration de la personne touchée. Corti se base sur l’apprentissage automatique et ne cesse de se développer. Grâce à la collaboration entre l’homme et la machine, le taux de détection est passé de 73 à 95 %, un excellent exemple de la façon dont l’assistance logicielle sauve des vies humaines. 

Organisation-Wandel-Angerer-2021.jpg

Die Organisation auf den Wandel vorbereiten (Préparer l’organisation au changement) (Angerer. A. (2021), New Healthcare Management, MWV) 

Siemens Healthineers Summit Jan Gralla

Intervenant : Prof. Dr. med. Jan Gralla, médecin-chef du service de neuroradiologie diagnostique et interventionnelle de l’hôpital de l’Île de Berne

Dans son article sur les progrès technologiques dans le traitement des AVC aigus, le Prof. Dr. Gralla a expliqué que les AVC touchent 15 000 personnes par an en Suisse et qu’il s’agit de la troisième cause de décès la plus fréquente. En cas d’accident vasculaire cérébral, time is brain. Avec une capacité de mémoire et une puissance informatique considérablement accrues, la technologie apporte un précieux soutien à la neuroradiologie et l’ensemble de l’équipe thérapeutique.

  • L’apprentissage profond a largement contribué à améliorer la prédiction des lésions.
  • L'imagerie directement dans l'angiographie, à l'avenir éventuellement avec une évaluation assistée par IA, raccourcit les processus hospitaliers et améliore ainsi les chances de survie des patientes et des patients ou le pronostic de récupération sans graves dommages permanents. 
  • En termes de perspectives, les « interventions robotiques » offrent le potentiel d’offrir un haut niveau de soins aux patientes et patients des régions reculées D’autres services à distance tels que la téléradiologie et le téléconsulting devraient également jouer un rôle déterminant dans l’amélioration de l’expérience et de la prise en charge des patients.
Annamaria Müller

Intervenante : Annamaria Müller, présidente du Conseil d’administration de l’HFR - Hôpital fribourgeois et Propriétaire d’Amidea GmbH – New Health Care Solutions


Selon l’analyse d’Annamaria Müller, le parcours thérapeutique actuel ressemble à un flipper. Les prestataires de soins sont certes à moitié coordonnés entre eux, mais nous sommes encore loin d’une prise en charge intégrée avec concertation et d’une planification commune. Les différents acteurs verraient trop souvent leur interlocuteur comme
« leur patient » et non comme « notre patient ». Cette attitude ne rompt pas la pensée cloisonnée. 

Mme Müller plaide en faveur d’une plus grande implication de la patiente et du patient, l’interlocuteur étant le co-producteur d’une solution commune visant à réduire le fardeau de la maladie. Pour elle, il en va de la participation, de la codécision et de la coresponsabilité de tous les acteurs, dont fait également partie le domaine social. Pour permettre une cohabitation d’égal à égal dans la pratique, il faut modifier les incitations financières et récompenser la rémunération du mandat de service au sein de la communauté. 

L’essentiel est de gagner les esprits et les cœurs des partenaires impliqués pour lever les réserves – peu de gens poussent des hurrahs lorsqu’il s’agit de changement. Les avantages doivent faire l’objet d’une communication claire et continue.

PD. Dr. med. Angelika Hammerer-Lercher

Intervenante : Dr. méd. Angelika Hammerer-Lercher, PD, médecin-cheffe et directrice de l’institut de médecine de laboratoire, hôpital cantonal d’Argovie

La contribution du Dr. Hammerer-Lercher a donné un aperçu de la complexité d’un projet de nouvelle construction. Le déménagement de l’Institut de médecine de laboratoire au KSA a marqué un tournant dans l’histoire centenaire de l’institut. Jusqu’à présent, le diagnostic de laboratoire moderne était prisonnier d’anciennes structures. Dans le cadre de la nouvelle construction, les processus ont été repensés et regroupés de manière interdisciplinaire, ce qui a permis de réduire considérablement les interfaces. Tous les laboratoires sont désormais regroupés sous un même toit – une formidable performance d’équipe, comme le souligne Dr. Hammerer-Lercher. La « route de laboratoires » ouverte permet en outre le raccordement d’appareils de différents fabricants et donc une grande flexibilité. Un « module frigorifique » permet un degré encore plus élevé d’automatisation lors de la recherche d’échantillons et de la détermination des paramètres de laboratoire prescrits ultérieurement. 

Chaque année, l’institut réalise 3,2 millions d’analyses et la pandémie a encore nettement accru les exigences envers le laboratoire. Grâce au nouveau bâtiment, les collaboratrices et collaborateurs profitent de trajets plus courts et gagnent ainsi du temps. Dans le même temps, la numérisation a été accélérée, ce qui a permis de réduire considérablement les archives papier. En immunologie, par exemple, 26 mètres d'archives papier ont pu être réduits à 30 cm. Il s’agit là d’une grande motivation pour le groupe, qui souhaite continuer à accompagner les innovations avec dynamisme et confiance. 

Transformation-Teamarbeit-KSA.jpg

La transformation est un travail d’équipe – les collaboratrices et collaborateurs de la médecine de laboratoire au KSA

Dr. Philippe Widmer - Siemens Healthineers Summit

Intervenant : Dr. Philippe Widmer, directeur suppléant, Hôpital Limmattal

Prenez des décisions avant qu’elles ne vous prennent – c’est ainsi que l’on peut résumer la leçon du Dr. Widmer. En 2019, l’hôpital Limmattal a été attaqué par le malware Emotet. Il n’y avait pas de danger pour les patients, car l’attaque avait été détectée précocement et le malware n’avait pas pu se propager dans le système. Cela n'a été possible que grâce à un engagement personnel important et à la collaboration de différents spécialistes. L’attaque a permis d’identifier certains potentiels d’amélioration qui ont été mis en œuvre depuis. La caractéristique la plus importante à cet égard est la sensibilisation permanente et la formation continue des collaborateurs, car plus de 90% des attaques passent par le courrier électronique. 

Selon l’estimation du Dr. Widmer, de nombreux prestataires de santé sous-estiment encore le danger des cyberattaques. La question n’est pas de savoir si, mais quand un hôpital ou un autre acteur du système de santé deviendra la cible de logiciels malveillants et autres attaques. De son point de vue, le dépistage précoce est essentiel et il conseille en outre de renforcer la collaboration avec le Centre national pour la cybersécurité (NCSC).

Martin Fiedler

Intervenant : Prof. Dr. Martin Fiedler, Directeur médical de l’Inselspital et responsable du Centre de médecine de laboratoire

Selon le Prof. Dr. Fiedler, rien n’est aussi constant que le changement, surtout pour une maison aussi ancienne que l’Hôpital de l’Ile. Aujourd’hui, l’Insel Gruppe compte plus de 40 cliniques et instituts et, comme toutes les organisations de cette complexité, la transformation est à l’ordre du jour. Il considère l’économisation comme un moteur de l’innovation et les idées des jeunes comme un programme anti-âge permettant de ne pas s’enfermer dans la pensée cloisonnée du passé.  

Le Prof. Fiedler a présenté les initiatives de l'Insel Gruppe pour réaliser la transformation numérique et souligne que celle-ci ne peut réussir que sur la base d'une transformation préalable de l'infrastructure, de l'organisation et des processus. Outre la construction de nouveaux bâtiments, il s'agit, dans le cadre du développement de la réorganisation, de réduire les silos des cliniques et des instituts afin de créer ainsi les conditions nécessaires à des processus allégés pour les patients. Ce n'est qu'ainsi que le nouveau système d'information clinique EPIC pourra à l'avenir déployer pleinement son potentiel de numérisation. En outre, Fiedler décrit comment, à partir des plateformes Omics et de la biobanque de Berne, toute une série de nouveaux centres ont vu le jour en peu de temps pour le développement de la "médecine numérique" sur le site médical de Berne.

Malgré toute innovation et changement, il faut bien sûr être humain. Si tout le monde est toujours satisfait, la direction fait quelque chose de mal, selon Fiedler.