Le service de radiologie interventionnelle du Groupe santé CHC – site MontLégia franchit une nouvelle étape dans le traitement percutané des tumeurs pulmonaires, combinant la fusion d’images PET et scanner, dans le cadre d’une procédure de cryo‑ablation guidée par imagerie.
Cette approche innovante ouvre de nouvelles perspectives pour des patients atteints de lésions pulmonaires complexes, jusqu’ici difficiles, voire impossibles, à traiter par voie percutanée.
Fusion d’images : améliorer la visibilité pour gagner en précision
Les examens PET mettent en évidence l’activité métabolique des tumeurs, tandis que le scanner fournit une représentation anatomique très détaillée. En combinant ces deux modalités, les radiologues disposent d’une visualisation tridimensionnelle précise de la tumeur et de son environnement immédiat.
Grâce au scanner SOMATOM X.Ceed (Siemens Healthineers) et au logiciel de navigation interventionnelle MyNeedleGuide, cette fusion d’images est accessible en temps réel en salle d’intervention. Elle améliore considérablement le guidage des aiguilles, en particulier lorsque les lésions sont peu visibles au scanner conventionnel ou situées en profondeur.
« La fusion des images PET et scanner nous permet de mieux visualiser des lésions parfois quasi invisibles en imagerie standard. Cela renforce notre capacité à cibler précisément la tumeur tout en limitant les risques pour les structures environnantes »
Un cas clinique particulièrement complexe
Cette technologie a été utilisée chez une jeune patiente présentant une récidive de tumeur pulmonaire, localisée dans une zone précédemment irradiée.
La complexité du cas résidait dans la nécessité de positionner deux aiguilles de cryo‑ablation avec une extrême précision afin de détruire le tissu tumoral tout en préservant les structures pulmonaires et non-tumorales adjacentes.
Grâce à l’imagerie fusionnée et au suivi continu tout au long de la procédure, l’équipe a pu atteindre un degré de précision millimétrique, permettant une synergie optimale de l’action des aiguilles et une protection maximale des tissus sains.
« Dans des situations aussi complexes, chaque millimètre compte. La possibilité de suivre la procédure en temps réel avec une imagerie fusionnée change clairement notre manière d’aborder ces cas délicats », souligne le Dr Goyers.
Une avancée prometteuse en oncologie interventionnelle
La procédure s’est déroulée sans complication, et la patiente a pu quitter la clinique dès le lendemain.
Si cette technique ne s’adresse pas à tous les patients et nécessite une sélection rigoureuse en concertation multidisciplinaire, elle représente une option thérapeutique supplémentaire pour des situations où les alternatives sont limitées.
« L’objectif n’est pas de remplacer les traitements existants, mais d’élargir l’arsenal thérapeutique pour des patients qui, jusqu’ici, avaient peu d’options. Cette première expérience est très encourageante », conclut le Dr Jean‑François Goyers. »




