L’unité interventionnelle de radiologie à l’Hôpital Universitaire de Gand reste fidèle à son objectif : Des soins aux patients innovants et accessibles L’unité interventionnelle de radiologie continue de se développer

2020-05-12

La radiologie interventionnelle a fait du chemin. Grâce aux développements technologiques, les évolutions dans cette spécialisation sont importantes, comme dans le cas de l’angioplastie, de l’embolisation thérapeutique et le guidage par imagerie. Mais l’Hôpital Universitaire de Gand va encore plus loin. Afin de maintenir sa place dans le futur, un service autonome de radiologie vasculaire et interventionnelle (VINRAD) a été créé, il y a de nombreuses années, au sein même du service de radiologie. Son objectif est de prodiguer des soins innovants et accessibles.

C’est le professeur Luc Defreyne, chef de service du département de radiologie vasculaire et interventionnelle (VINRAD) de l’Hôpital Universitaire de Gand qui a lancé le mouvement à l’époque. À ce moment, le statut du service de radiologie se situait entre un service de support clinique et un service d’intervention d’urgence. À cause de la diversité des traitements qui y étaient prodigués, il était compliqué de trouver du personnel qui était disposé à opérer la nuit, en cas d’urgence. Un service de radiologie interventionnelle a alors été mis sur pied pour combler ce problème. Un service interventionnel au service des patients, depuis leur première consultation, lors de leur admission et jusqu’à/aux contrôle(s) après leur prise en charge, et ce en fonction de la continuité du trajet de soins du patient.

Luc Defreyne,Chef de service du service de radiologie vasculaire et interventionnelle du HU Gand.

Grâce à l’établissement d’un plan d’entreprise solide, le professeur Luc Defreyne reçut l’aval de la direction de l’HU de Gand. La commission chirurgicale a permis à son service de disposer d’un certain nombre de lits pour les patients du VINRAD, ainsi qu’un suivi postopératoire. Du personnel a été affecté au VINRAD et un budget a été alloué pour embaucher le personnel et acheter les équipements. À cette époque, le service tournait à plein régime. Il traitait entre 1 400 et 1 500 patients par an. L’année dernière, il a même atteint son record avec pas moins de 1 600 patients.

« Le nombre de patients augmente chaque année de 3 à 5 %, ce qui n’est pas étonnant. En interne, l’hôpital envoie des patients éligibles et des patients dont la situation nécessite une certaine urgence au VINRAD. Les patients, dont la situation n’est pas urgente, viennent à la consultation afin de recevoir une explication sur la procédure. Les patients sont également suivis après l’opération, certains sont renvoyés vers leur généraliste, d’autres sont suivis, chez nous, durant des années. Bien que l’organisation des services médicaux coûte du temps et de l’argent, elle est cruciale pour le patient et pour le médecin de référence. En ce moment, nous avons six lits, qui bénéficient de soins spécifiques après une intervention radiologique. Dans le futur, le nombre de lits augmentera, vu l’intérêt croissant pour les thérapies moins invasives », déclare le professeur Luc Defreyne « les temps d’admission sont courts, ce qui permet au service d’obtenir un plus grand nombre de lits. »

En 2010, suite à l’augmentation du nombre de patients, le service était en pénurie de personnel. « Le service manquait sévèrement de personnel et il fallait y remédier », explique le professeur Defreyne. « Compte tenu des missions spécifiques du service de radiologie interventionnelle, le personnel infirmier ne tournait plus assez dans le service radiologie. Afin d’améliorer le taux de recrutement au VINRAD et à l’initiative de Madame Chantal Haeck, directrice secteur au support des entreprises, le VINRAD fait désormais partie des services critiques. La chef des trajets de soin (Zorgmanager), Madame Hilde Goedertier, était disposée à nous envoyer du personnel du bloc opératoire, des soins intensifs, du centre des grands brûlés, du service des anesthésies et des urgences. Le secteur a organisé des échanges et un encadrement supplémentaire dans les services où le personnel manquait et veille à augmenter leur employabilité par un mix optimal de compétences. Au VINRAD des opérations sous anesthésie générale sont quotidiennement effectuées, comme dans le bloc opératoire, où l’on effectue également des opérations vasculaires. De ce fait, le personnel infirmier connaît et comprend ce qui se fait dans les différents services. Le service a organisé des tournantes au sein du personnel, afin de combler la pénurie ou de diminuer la charge de travail. »

 

« Alors qu’auparavant, il fallait lutter pour maintenir les effectifs, nous avons opté pour une approche professionnelle en collaboration avec la responsable des trajets de soin (zorgmanager). Une prospection et augmentation des effectifs se fait désormais sur base d’un business case. Pour établir cette étude d’opportunité, nous nous sommes basés sur l’analyse comparative professionnelle des temps de procédure, des temps d’occupation des salles et de l’horaire du personnel. Il a fallu du temps pour le réaliser, mais cela en a valu la peine. Nous avons analysé le temps nécessaire à la pré-hospitalisation, à l’hospitalisation et à la post-hospitalisation. Nous savons donc avec précision de combien de temps nous avons besoin pour traiter une pathologie spécifique. »

« Cette étude nous donne également une indication précise du personnel nécessaire lorsque 2 infirmiers(ères)/technologues en imagerie médicale sont engagé(e)s pour chaque traitement. Une telle étude a également été rédigée pour le secrétariat. De cette manière nous pouvons évaluer le nombre d’équivalents temps plein dont nous aurons besoin au niveau des infirmiers et du secrétariat pour remplir les tâches quotidiennes et réduire au maximum les temps d’attente. Entre-temps, il a également été décidé qu’un(e) infirmier(ère) en chef adjoint(e) supervise le nombre croissant d’infirmiers(ères)/technologues en imagerie médicale. Le business case nous permet également d’anticiper l’augmentation de patients et le manque de moyens. Nous l’avons également appliqué dans le cadre de l’installation d’un stroke center (centre certifié pour le traitement des AVC) au sein de l’hôpital universitaire, ce qui a permis d’installer une troisième salle d’angiographie. »

Luc Defreyne, Chef de service du service de radiologie vasculaire et interventionnelle du HU Gand.
l’Hôpital Universitaire de Gand

Le Moniteur belge a déjà annoncé que des centres spécialisés pour les AVC seront créés dans toute la Belgique. Les accidents vasculaires cérébraux graves peuvent y être traités par thrombectomie mécanique. « Quinze stroke centers seront répartis sur tout le territoire belge, nous comptons être l’un de ceux-ci. Nous sommes des pionniers en ce qui concerne les interventions dues à un AVC. Si nous devenons l’un de ces centres, nos deux salles d’opération ne suffiront plus. Nous devons nous y préparer », déclare le professeur Defreyne. « Afin de pouvoir prendre en charge le nombre croissant d’AVC et de pathologies urgentes, nous devons pouvoir avoir accès à une troisième salle d’angiographie. La nécessité d’avoir une salle supplémentaire est basée sur l’analyse et le business case, tant en ce qui concerne l’infrastructure que le personnel. Il n’est pas difficile d’investir dans l’infrastructure, mais étant donné le peu d’espace dont le VINRAD dispose, il faudra étudier en profondeur la question. »

« Les AVC et les interventions neurovasculaires resteront deux domaines importants dans notre service. Et puis, nous avons également l’oncologie », continue d’expliquer le professeur Defreyne. « Les oncologues personnalisent la thérapie sur la base des analyses histologiques. Afin d’obtenir des biopsies, le radiologue interventionnel effectuera les ponctions nécessaires par tomodensitométrie (scan CT) ou par échographie. Le VINRAD propose également des thérapies. Par exemple, les tumeurs du foie peuvent être traitées efficacement par radio-embolisation ou chimio-embolisation. Nous traitons les tumeurs du foie, ainsi que d’autres tumeurs bénignes ou malignes avec des techniques ablatives. Avec une aiguille spécifique permettant par exemple d’effectuer une ablation par radiofréquence ou par micro-ondes, avec une sonde laser, ou encore, dans un futur proche, par cryothérapie, la lésion peut être brûlée, lors d’une échographie ou d’une tomodensitométrie. Dans ce domaine, nous sommes un des services les plus actifs et innovants de Belgique. »

 

La radiologie interventionnelle est de plus en plus renommée dans la médecine moderne. « On se rend compte aujourd’hui que dans un hôpital où l’on pratique des interventions chirurgicales invasives, il faut aussi un radiologue interventionnel. Cela fait longtemps que l’on propose des solutions, lorsqu’aucune autre issue n’est possible. Lorsqu’un patient fait une hémorragie et qu’on ne parvient pas à l’arrêter lors d’une opération, on le transfère régulièrement au VINRAD De cette manière, nous avons la possibilité d’améliorer nos techniques », déclare le professeur Defreyne.

« Aujourd’hui, nos collègues savent qu’avec la radiologie interventionnelle certaines pathologies peuvent être mieux soignées qu’avec une chirurgie. Les traitements chirurgicaux glissent vers les traitements interventionnels. L’augmentation des indications neurovasculaires prises en charge par la neuroradiologie interventionnelle le démontre bien. Environ 90 % des patients atteints d’une malformation intracrânienne sont traités dans notre service. Ce pourcentage n’a fait que croître avec le temps. Un service doit se forger une certaine routine opérationnelle, une expérience et une image au fil des années, tout en étant prêt à la consultation multidisciplinaire, afin de faire valider les plans de gestion dans le cadre des plans pluriannuels et ainsi évoluer. »

Avant de prendre sa retraite, le professeur Defreyne a encore de l’ambition : « Il me reste trois ans et demi, avant de prendre ma pension. Je veux m’assurer que le service continuera de fonctionner après mon départ. C’est pour cette raison que tout doit être rodé. La gestion du personnel soignant, paramédical, administratif et technique par la nomination d’une infirmière-chef adjointe est maintenant en pleine optimisation et est une réelle valeur ajoutée. La planification du travail et la programmation des procédures seront, grâce à la coopération de l’équipe IT, semi-automatisées. Les collègues doivent pouvoir fixer des rendez-vous plus facilement. L’automatisation concerne également la facturation et la gestion du matériel, celle-ci doit être plus efficace. Les ruptures de stock nous affligent non seulement en termes de médicaments, mais aussi en termes de matériel jetable et même d’équipements. On appelle cela l’optimisation du flux de travail.

Actuellement le service emploie 22 spécialistes, la majorité travaille à l’unité de radiologie interventionnelle. L’objectif est de diriger et d’orienter ce service vers une plus grande efficacité sur le plan clinique et, ne l’oublions pas, sur le plan académique.

La formation continue, le perfectionnement et les contributions scientifiques au travers de mémoires de master, de thèses de doctorat et de publications sont nécessaires pour continuer à être appréciés au niveau universitaire par les patients et les collègues et pour faire évoluer le VINRAD au sein d’un centre tertiaire. »